Mercoledì 21 Agosto 2019

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«Donnez-leur vous-mêmes à manger» - Espagne   versione testuale

«Jésus eut pitié d’eux»
Dans la société dans laquelle nous vivons nous devons faire face à beaucoup de défis. De tous côtés les moyens de communication nous envahissent. La cris dont nous souffrons et ses conséquences, conduisent beaucoup d’hommes et de femmes au chômage, à la dépression, à l’alcoolisme, à la dépendance. Certains se retrouvent à la rue, où allant d’hébergement en hébergement et de soupe populaire en soupe populaire.
 
Il est très dur de voir que le chômage conduit à la dépression, et je pense à Jésus qui dit aux ouvriers : «Allez travailler à ma vigne». Et nous ? Que pouvons-nous offrir aujourd’hui ? Et si nous n’avons pas de baguette magique pour donner à tous du travail, c’est notre devoir et celui de tous les chrétiens d’offrir notre aide et notre solidarité.
  
“Jésus, les regardant fut saisi de compassion et dit à
ses disciples: donnez-leur vous-mêmes à manger.” (Mc 6,34)
 
L’Association «Une Vie Digne» collabore en offrant un repas riche et nutritif le samedi et le dimanche. Sr Rosaria et moi, nous préparons le repas et en servons environ 130 hommes et 10 à 12 femmes qui arrivent affamés. «J’ai faim», me disait l’autre jour une jeune femme. J’ai vu beaucoup de gens affamés en Patagonie mais je ne pensais pas qu’en Espagne, aujourd’hui, malheureusement, je verrais la même chose.
 
                                        Soeurs Rosaria Lee et Marisa Moreno en plein travail

             
 
Chacun de ces jeunes ou de ces adultes, qui vient chercher un repas, porte une histoire et beaucoup de souffrances qu’il partage avec les autres. Être proche d’eux, les regarder avec un peu d’amour, avoir un geste affectueux, tendre la main, la poser sur l’épaule au moment de servir… Ils sourient et remercient.
 
Ce réfectoire, qui était autrefois un restaurant, est une salle qui contient environ 100 personnes. Avant d’entrer ils attendent dans une autre grande salle avec un bar. Quand je peux, je m’échappe de la cuisine pour parler avec eux et découvrir comment ils vivent. Ceux qui le désirent me racontent leur vie.
 
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Un jour nous parlions de l’exclusion et je dis à l’un d’entre eux: «Toi aussi tu es marginalisé, même par ta famille». Il me répondit : «Non, je les ai exclus de ma vie, c’est moi qui les ai quittés…». Il se retourna, tout triste, et je compris qu’il ne voulait pas en dire davantage.
 
Hier est arrivé Santi (voir la photo) un jeune de 24 ans. Voici quelques mois il collaborait comme volontaire et nous parlions beaucoup en épluchant les légumes. Il aimait parler avec moi et m’avait dit: «Je vais bientôt m’en sortir». Je n’osais pas lui demander «d’où ?», car je supposais que c’était de la drogue, «On va me donner un peu d’argent et je vais pouvoir étudier». Il est revenu avec un ami africain après plusieurs semaines d’absence. Je l’ai salué affectueusement et lui dit combien j’étais heureuse de le revoir. L’ami qui l’accompagnait lui dit: «Regarde, quelle joie, ce qui vaut mieux que l’argent c’est la joie qui est à l’intérieur» (en se frappant la poitrine). Santi m’avait dit qu’il se sentait accueilli par les gens de la rue, qu’il y a beaucoup de solidarité, que l‘on apprenait beaucoup et qu’il était toujours bien traité.
 
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                                                      Santi et ses amis                                                                                                                                                                     
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                                                  Réfectoire de “Vida Digna”    
Et ainsi nous nous faisons des amis. Manu arrive toujours de bonne heure, c’est un protégé de la directrice. Quand il arrive le matin elle lui donne ce qu’elle a sous la main: des légumes, du poulet, de la soupe… n’importe quoi, et il mange toujours de bon appétit.Je lui demande: «As-tu bien dormi ?». Il hoche la tête et répond: «Plus ou moins». Je lui demande alors: «Où as-tu dormi?». E il me répond: «Cette nuit, près du portail de Cortefiel» (Ces magasins ont une entrée très protégée, que se disputent ceux qui dorment dans la rue).«Jésus, j’ai pitié d’eux». Nous voulons les regarder, comme Jésus, avec compassion et amour.
 
Ils sont nombreux mais peu à peu nous les connaissons tous et les reconnaissons quand ils viennent le samedi ou le dimanche. Nous les saluons, les regardons avec affection et les servons avec délicatesse. Je crois qu’ils se sentent reconnus dans leur dignité, et c’est aussi important que la nourriture que nous leur donnons. Ce qui est sûr c’est qu’en partant, tous nous saluent joyeusement.
 
Dans notre communauté de Vigo nous avons beaucoup à faire: déléguées de mission, pastorale et groupes paroissiaux de formation chrétienne, études, Croix Rouge - l’aide aux femmes seules – Vie Montante à Redondela et dans la paroisse, etc.
 
Mais le plus grand défi quotidien est de vivre l’Evangile et le projet du Royaume, en regardant sans cesse Jésus, avec le désir de le suivre et en cherchant comme François la meilleure façon d’y arriver, ici et dans l’aujourd’hui de notre vie.
 
Marisa Moreno, fmm
(Communauté de Vigo)
 
 
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