Mercoledì 21 Agosto 2019

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Solidarité et souffrance – Bosnie   versione testuale

Sr Teresa Novak et Sr Renata Relja, fmm, vivant à Odjak, partagent avec nous la réalité vécue après la guerre en Bosnie et les défis que chacun doit affronter. Ces défis ne peuvent être dépassés que par le pardon, la tolérance, la solidarité et l’espérance.

Teresa:

La guerre civile en Bosnie et Herzégovine est terminée depuis plusieurs années. Les gens
ont reconstruit leur maison eux-mêmes ou avec l’aide d’organisations humanitaires.

Maintenant nous voyons de beaux immeubles autour de nous. Quelques-uns ressemblent à de petits palaces suisses. Malheureusement beaucoup sont hermétiquement fermés, tout comme les cœurs blessés par la guerre. Personne ne sait quelles tragédies se cachent derrière les murs de ces belles maisons. Des tragédies causées par la guerre et les misères de l’après-guerre,
comme le chômage qui atteint 50%, le vide spirituel et l’impact de la culture de mort occidentale.

Les gens, spécialement les jeunes, sont pris au piège par toutes sortes d’addictions alors qu’ils cherchent à échapper à la «pénible» réalité. Toutes ses tragédies sont cachées derrière des murs et des questions, telle que: «Comment vas-tu ?», à laquelle ont répond avec un petit sourire: «Ça va, merci».

            

Les femmes sont celles qui souffrent le plus. Elles ont expérimenté la mort de ceux qu’elles aimaient: maris, enfants. Elles ont été violées, ont dû fuir et vivre dans des camps de réfugiés. Les vieilles blessures sont encore ouvertes. La fierté et la honte ne leur permettent pas de parler de ce qu’elles ont vécu. Mais le temps est venu d’un grand désir de partager.

Il y a un an, une association appelée « Life » a commencé à soutenir la vie, depuis la conception jusqu’à la mort. Elle a aussi travaillé à prévenir et à guérir les gens de leurs différentes addictions. L’une des fondatrices est la mère d’un jeune drogué. Elle a été la première a soulevé le problème. Elle a envoyé son fils au « Cenacolo », qui est une communauté qui aide les jeunes.

Il existe différents ateliers tels que des groupes de prière guidé par Sr Anna Alberti, fmm, pour encourager les gens à prier et à partager dans un environnement sain. Ils ont besoin de patience et d’encouragement pour s’ouvrir et laisser agir l’Esprit. Petit à petit, chacune de ces femmes peut voir qu’elle n’est pas seule avec la tragédie qu’elle porte dans son cœur. D’autres aussi souffrent. Elles commencent à partager et à parler de leurs blessures. Elles prient les unes pour les autres et bénissent leur ménage et leur famille pour éviter les malédictions qui sont une plaie dans le pays.

Des associations semblables existent pour les musulmanes, appelées « Sumeja » (nom d’une musulmane qui a été tuée car elle refusait d’abandonner sa religion). Son but est de prier et d’aider la mosquée. Les femmes s’aident aussi les unes les autres et visitent les plus déshérités. C’est elles qui eurent l’idée de se rencontrer entre religions différentes et de faire quelque chose ensemble afin de dépasser les différences, les préjugés et les ressentiments. Elles désiraient d’abord être ensemble pour affronter les situations difficiles d’une nation composée de trois peuples différents.

Leur première réunion s’est tenue le 29 février dans notre maison fmm, un lieu accessible à tous. Nous nous sommes présentées et nous avons exposé ensuite les objectifs des deux associations. Rafraichissement et chants ont suivi. A la fin les musulmanes nous ont invitées chez elles pour la prochaine réunion.

Nous avons senti très fortement le désir de montrer notre solidarité en nous aidant les unes les autres dans nos souffrances. Nous voulons rendre le monde plus beau et plus humain. Nous espérons que cette solidarité transcendera les différences et les préjugés pour faire d’Odjak une ville de gens bons et heureux. Comme quelqu’un l’a dit : « Après la guerre nous sommes tous devenus Croates, Bosniaques et Serbes, mais très peu humains. »

La prière et la foi des musulmanes sont différentes des nôtres, mais nous croyons que l’Esprit de Dieu, l’Esprit de Jésus-Christ est avec nous dans tout ce que nous entreprenons.


Renata:
Dix personnes viennent chaque jour chez nous pour demander de l’aide. En plus des nécessités matérielles, beaucoup veulent parler et partager leurs expériences de vie, même les plus douloureuses. Elles cherchent une oreille bienveillante et digne de confiance pour les écouter.

Très souvent, j’ai la chance de les entendre et de leur donner de l’espoir dans les événements difficiles qu’elles vivent. Parmi elles se trouvent beaucoup de musulmanes et de tsiganes. Elles se sentent accueillies chez nous. J’aime aussi aller les visiter. Cela me permets de me rendre compte des conditions difficiles dans lesquelles elles vivent.

            

Ici, à Odjak, je travaille pour Caritas dans le cadre de la paroisse. J’essaie d’enseigner aux jeunes l’importance de la solidarité entre voisins. Une année, les enfants se sont privés de bonbons et avec l’argent récolté ils ont acheté de la nourriture pour les pauvres. La paroisse s’est engagée depuis des années à acheter de la nourriture pour les familles les plus défavorisées. C’est possible grâce aux dons de tous. Nous aidons aussi les gens pour l’achat des médicaments, car ils sont très chers.

Ces petits engagements pour les plus pauvres nous aident à être plus solidaires du peuple de Bosnie. Toutes ces personnes dans la détresse, peu importe leurs origines, sont des frères et des sœurs dans lesquels nous voyons Jésus-Christ.
 
Teresa Novak, fmm
Renata Relja, fmm
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