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« Qui est mon prochain? » Pour répondre à cette
question, Jésus donne un récit : « Un homme descendit… »
Sans introduction, il parle d’un « homme », qui est
tombé entre les mains des brigands, « qui le
dépouillèrent, le rouèrent de coups et le laissèrent à
demi-mort au bord de la route. »
La mention de trois hommes qui passèrent : un prêtre, un
lévite, un Samaritain, fait réfléchir.
Seul le Samaritain, un « étranger », est intervenu, il a
versé de l’huile sur les plaies de la victime, l’a
conduite à l’auberge et, donnant des deniers à
l’aubergiste, lui a recommandé de prendre soin du
blessé.
Sous plusieurs aspects, la parabole ne semble ni
complète, ni définitive : elle ne donne même pas de
suggestions pour éviter que des personnes soient
victimes de l’injustice des autres. Le Samaritain n’est
pas présenté comme modèle d’une miséricorde totale et
absolue. Il ne se montre pas exhaustivement responsable
de l’autre qu’il a trouvé abandonné, à demi-mort sur la
route, comme si tout dépendait de lui seul. Il continue
son itinéraire, bien que celui-ci soit modifié
considérablement.
La modestie de ce récit n’est pas une exception chez
Luc. Elle est, au contraire, une caractéristique de tout
son évangile : « Il a vécu en faisant le bien ! ».
Çà et là, par des réflexions analogues, Luc dit
clairement qu’en des circonstances fortuites, Jésus
faisait du bien à l’une ou l’autre personne rencontrée.
Cela dit, il semble que la parabole du Samaritain soit
un récit « ouvert » - tout n’y est pas dit sur l’éthique
et la miséricorde des relations humaines.
Le récit du Bon Samaritain est un récit « fort »,
précisément parce qu’il inclut sous de multiples
facettes, la « corporalité » de la personne.
Ailleurs,
l’évangéliste Jean dit clairement : « Le Verbe s’est
fait chair » ( Jn 1,14 ). En effet, si nous
voulons en savoir plus sur « le Verbe », sur « Dieu » et
« l’Esprit », nous devons prendre en considération ces
deux mot : « fait chair ».
La parabole nous apprend que « la chair » est le lieu,
le moyen, la voie, le sacrement de la « révélation de
Dieu à l’homme ». Sur cette base, chaque chrétien est
appelé à être aussi le « corps » du cœur de Dieu pour
« l’autre » qui est dans le besoin. |